dimanche 17 décembre 2017

Essai pour Les anadyomènes (19)




Jouant avec la coquille



Jouant avec la coquille le cœur de ma maison brûlante l'âtre brille de suie devant les épis de brique au sol où mes pieds puisent l'eau de mes yeux
assise je soustrais mon dos au champ des flammes retiens du brasier les effets comptables
rougeurs et le dessin spiralé de mes pensées hélice rougie dans mes entrailles

mercredi 6 décembre 2017

Encore et encore



Encore et encore
je reprends ce qui s’éteint
le jour baisse la neige monte
grise la pièce de neige saisie
m’astreint au jais m’astreint
à l’écharde et aux déchirures
à l’âtre
j’entends des cris dans le conduit
qui sont les voix de la rue
répercutées ?

Essai pour Les anadyomènes (18)



dimanche 3 décembre 2017

Sans bien savoir



Sans bien savoir si c’est dedans ou dehors qu’il a plu
je vois des ombres, des masses qui montent, en quel espace ?
Le bosquet lui, sombre avant la nuit,
masque ma fenêtre - noire passe - je ne le vois plus.
J'apparais dans la pluie, est-ce moi qui pleure ?
Et qui respire ?
Usage intempérant je fais de cette fenêtre où je nais,
demeure ce qui est vu.

Essai pour Les anadyomènes (15)



samedi 25 novembre 2017

Les mufliers




Les mufliers soudains éclaboussent - non vus -
la joue en passant. La passante en joue.
Derrière la clôture, c'est déjà l'hiver
les mousses avancent un empire sûr

Les boucliers (12)



vendredi 24 novembre 2017

Jets de rose ma joie

Jets de rose ma joie par l'artifice du vent attisée, les asters épars finalement teintent les pierres de leur crible aigu.

Comment faire le bouquet de cet
être étrange
asters et vent 
leur discordance colore
de rose véloce ma fenêtre

Je me cache et me découvre
le bouclier prolonge, miroir, la boucle offerte prône
ce qui est un écho incessant, en vie

Les boucliers (11)


jeudi 23 novembre 2017

Les boucliers (10)



Lumière courte

Lumière courte
l'ombre est dans le corps
qui défléchit
lambeaux de feuilles des feuilles encore
rampent
la crue de terre dévie
des vers au pied de chaque fleur


 
Dans le jeu de cette boucle
douteuses douteuses propriétés 
je me perds
et aimant me perdre, me frotte à la vie, j'absorbe la mort et danse une ronde
infernale
« Connais-je encore la nature ? Me connais-je ? - Plus de mots. J'ensevelis les morts dans mon ventre ». Je saigne, je boucle, j'essouffle.
Le bouclier prolonge
toutes les dimensions (« on ne part pas »)
fixe vie vertiges et passages, passes

mardi 21 novembre 2017

Le vent est noir

Le vent est noir et l'eau sombre
sombrent aussi les asters
qui formaient rose ce grand corps indivis devant
qui aujourd'hui désordonné vire
il par alliance se répand

 
Je me cache dans ce bouclier qui astreint
et protège
et me propulse
ma parole exportée 
Voici une parole ! Jet !
Et voici une image !
« Je suis caché et je ne le suis pas »

Les boucliers (8)


lundi 20 novembre 2017

Les boucliers (7)


Vent, novembre, les asters

Vent, novembre, les asters ne sont plus que couleur malmenée en montant, rondeurs renversées, un corps rose désordonné dans ma nuit
comment faire le bouquet de ce corps tournant indivis, vent et couleur, essor en mourant ?

J'oppose le monde au monde
dans la rondeur du miroir, un chant liquide
gicle, le cœur bat, en boucle
je danse
j'accepte sur ce bouclier
rythmes, couleurs, bouclier : c'est un verbe
voir, faire, prolonger
s'exporter

dimanche 19 novembre 2017

Vent, couleur, ce qui les lie

Vent, couleur, ce qui les lie :
faits de pétales à ma vitre collés
(que mes doigts merciers les décollent pour lire
et décliner)

 
Sur le bouclier mon sang rejaillit expulsé,
ces jets : naissance, mesure de toute
vie : comment saurais-je comment je suis née
sinon commencer, recommencer
sans cesse

S'il faut une blessure, certainement j'en ai !

Les boucliers (6)



samedi 18 novembre 2017

Je reprends le feu

Je reprends le feu
dans les choses
ceci est ma parole
« je » car unique est l'ombre de mon doute
portée sur le nom
et le cœur des choses ici
je ne sais rien sinon ce qui oscille avec les branches
et bruisse avec les osselets
crépitation des feuilles
la lente inévitable
soudain c'est de nouveau la nuit
avec l'accent de l'arbre

Les boucliers (5)



vendredi 17 novembre 2017

Les boucliers (4)



L'écume de son café

L'écume de son café
et ses doigt sur l'anse
(la boucle intime m'émeut)
pourvoient à la si fine porcelaine
blanche traversée de soleil
peau et os
et phalanges colorées
l'auréole tremble sur le mur

jeudi 16 novembre 2017

Tremble et trouble sous cette pluie

Tremble et trouble sous cette pluie
de feu non étanchée
extinction du vert (seul) à la nuit
la lune est lente comme
une flamme sombre
comme restera non étanchée
notre soif
sauf quelques mots

Essai pour Les anadyomènes (8)



mercredi 15 novembre 2017

N'arrête pas de témoigner

N'arrête pas de témoigner, en tous lieux
du lieu :
l'agencement, dans cette futaie, d'une beauté
dont la vision persiste
longtemps après,
le tronc des acacias sinueux,
la trouée de lumière
une route claire comme un plan d'eau
sur l'herbe un Déjeuner
où je cherche le nu

Essai pour Les anadyomènes (7)


mardi 14 novembre 2017

lundi 13 novembre 2017

Essai pour Les anadyomènes (5)




Dedans les choses s'affaissent

Dedans les choses s'affaissent,
dehors la nuit grandit
le tilleul, (plus haute l'ombre massive), le tilleul disperse
des rondes, le gravier rompt
luit la lune terreuse amortie
l'averse crisse

dimanche 12 novembre 2017

Entre les fûts des pins

Entre les fûts des pins
entre les pins encore des pins
longs puits d'encre
et la brume
le matin la mue blanche du matin
la rue
arrive
sur les feuilles argentées du bouleau
un matin sans rive

Essai pour Les anadyomènes (4)


samedi 11 novembre 2017

Où est la beauté entre ces arbres ?

Où est la beauté
entre ces arbres ?
Sur la rive
qui témoigne ?
Racines jamais vues,
je suis les eaux sombres et les filaments de clarté
quand je marche immobile
rivée à la couleur
(un bronze impassible
plus que je ne le suis
qui file dérobé
par le fond les vases et les boues)
Un fleuve enfoui
(la pensée réconforte)
refond et donne à celui-ci
sa couleur

(je te parlais seule
et
avec l'accent de la perte,
elle est là maintenant,
comment dire,
bien présente.
Dans le sang les os
je le sais
bien que je ne l'aie pas compris)

Essai pour Les anadyomènes (3)


vendredi 10 novembre 2017

Essai pour Les anadyomènes (2)


Ce que je sais

Ce que je sais… Mais quel âge
a l'eau du fleuve
le bois, l'herbe ?
J'erre et cherche dans le langage
le fer manquant.
Le sang relance.
Une naissance : mais quel âge ?

jeudi 9 novembre 2017

Essai pour Les anadyomènes (1)


Puis

Puis
les filaments flétrissent
autour des canots
palpite dans la nuit un segment noir de ponce
entre deux ponts

deux ponts : je ne vois pas plus loin
que cette respiration sans bruit
et sans beauté
ombre liquide dans la nuit que je sais plus vieille
et plus jeune que toute volonté

mardi 7 novembre 2017

Les boucliers (2)


Les kayaks



Les kayaks
ils se serrent le soir, recomposant l'astre ligulé
se joignent dans l'eau qui brasille
en une danse lente et très noire
un lustre d'étoiles nombreuses
de sangs incessants 




lundi 6 novembre 2017

A cet endroit - le ponton -



A cet endroit - le ponton - où remontent tous
les canots le soir
(des ligules écoulées se serrent
autour du capitule, reformant l'aster)
où viennent les kayaks
acérés des chants les entraînent
les pagaies tranchent inflexibles l'eau noire
saules et frênes
flamboient longtemps

Les boucliers