mercredi 28 juin 2017

Lucidité.



Lucidité. Vive dans les bourraches officinales et les cirses qui envahissent le potager
non cultivé, cette année sans, des myriades étoilent la terre et cillent, découpée en rectangle aux bords nets, une fenêtre dans ce que je crois être pré, une autre croissance. Stellaire précision de l'envers, déclins d'yeux, nul espace ne se perd dans le doute, mais radieux rebondit le temps et se tortille ici dans l'air ferme.

Un air de Paris (12)


lundi 26 juin 2017

Avec toi



Avec toi sur les trottoirs brûlants, je pense à l'ombre viride,
mais cela est trop demander, trop
car c'est torride
c'est Paris où claquent les murs, où
le bruit sec et serré à l'instant secrète, j'ai oublié où
je vis
dans l'air dur
et vireux, aux Buttes 
allons, cet où
oublieux, immobiles, chômons !

Douceur d'être (14)



Pour un herbier (36)


samedi 24 juin 2017

Paris


Je persiste à sourire




Je persiste à sourire un peu, entre les gouttes gît le signe équivoque sur son plan,
flou tari dans les dormants.
J'essuie les vitres. Je laisse passer. Luire n'est pas être, ça n'est pas ça,
vaincue dans la surface en suspend, étrangère
au goutte à goutte, l'image errante
point.

Face à face


Pour sortir de ma perplexité



Pour sortir de ma perplexité,
ouvrir une bouche sur la nuit que la pluie ravine,
ouvrir la fenêtre face à.
Pluie de pleurs, quelle face apposer,
quelle étroite surface habiter ? Suis-je bien ici ? 
Où il y a un docile visage
et qui s'efface, il y a une image, 
tous se sont mépris
sur son air, pauvre air d'irrésolution
trempé de doutes.


Un air de Paris (9)


lundi 19 juin 2017

Pour un herbier (31)


Un air de Paris (6)


Je flétris l'attente



Je flétris l'attente.
Qu'attendre encore sans ce vouloir qui me quitte ?
Les mains fanent avant la caresse, fleur attardée, sans savoir
quelle vie,
de quelle vie la tardive clameur.
Les doigts persistent, contournement de l'ardeur, doublent aveugles le jardin contourné.

dimanche 18 juin 2017

Un air de Paris (5)


Pour un herbier (30)


Je resterai ici encore un peu



Je resterai ici encore un peu
rétive à ce
ceci que cette nuit irrite
la carence,
cet art dont je fais feu.
Je bois à l'eau, amère, et je bois à l'aube. 
Âpre à vivre,
je, manque en tête, suis les contours de chaque fleur
flèche réfléchie.
À chacune de mes saisons,
hante une fleur sagittale.
À regarder de près, il s'agit de l'iris.

samedi 17 juin 2017

Pour un herbier (29)


Un air de Paris (4)


Où mènes-tu ce soir, où te mets-tu



Où mènes-tu ce soir, où te mets-tu
sur l'échelle des couleurs, où ? Dessines-tu -
un froissement de sureau par la porte, avec d'autres bruits -
ou bien c'est la nuit glacée
une lucane se perd
entre les lignes ratisse un blanc violacé
persiste le banc de feuilles, tu lui dis reste ! Et elle reste ! Comment
toute de nuit prostrée et tue
la tête et les stigmates ombreux sur les flancs du dessin.

vendredi 16 juin 2017

Douceur d'être (13)


Je suis assise, je reviens, j'écris



Je suis assise, je reviens, j'écris
l'iris brille que j'ai fourbi à la lumière,
mes yeux ont vu les cirses
ce qui est pleuré s'en va s'en demander
son reste, larmes
qui restent ici, et s'atténuent
à nourrir les adventices

mardi 13 juin 2017

Un air de Paris (2)


Enfin tu n'entends plus les mouches



Enfin tu n'entends plus les mouches
les grillons modèlent l'espace
ne pas reprendre - toit tilleul fourche tendue - aux vitres dérobées
points de luisance dans
la nuit étagée à coup d'archets et de boucliers opposés
l'obscurité qui t'entoure forte de ses chants frottés touche
jusque par tes mains
gravides rythmées les rythmes
respirer par les mains


Les beaux jours (2017 - 14)


lundi 12 juin 2017

Les beaux jours (2017 - 13)


Un air de Paris


Mes doigts sur le rideau




Mes doigts sur le rideau
la douceur passe
de l'autre côté
dans le miroir éclairci les plis dessinent de larges rouleaux des creux d'ombre
au revers caresse la vitre
revers où sont des
figures de façade, ouvertes
la gorge, ma gorge, grand orgue et des saccades

dimanche 11 juin 2017

Pour un herbier (27)


Les beaux jours (2017 - 12)


Nuit



Nuit
perte des angles de clarté,
plus tard je gagne en son ce que j'ai perdu en murs,
je gagne en rondeur.
S'accroît la maison. J'ai mûri les vitres à force de regard,
je vois les iris briller,
le tilleul abreuve le dormant. Je veux rester je ne veux pas, bras sur
l'accoudoir, cloué par l'épi.
Penser en épi.

dimanche 4 juin 2017

Pensées croisées





 


J'enracine l'attente



J'enracine l'attente
déterminée à ne rien faire.
Je croise les faits et les doigts. Pas d'ordre, pas d'angle droit,
aucune loi.
N'incline à rien, le temps endure, incline seulement les os et les eaux, arrose,
effleure.
Ce qui lèvera voudra bien croître.

samedi 3 juin 2017

Il se tordra devant toi dit-il



Il se tordra devant toi dit-il.
Dans un splendide effort essor vers tes pores dilatés dans la nuit
pétrie le monde tors et l'œil avec. L'iris accordé luit.
Il viendra à ta peau à ta tête, extasié, volatile.
Connivent avant même le commencement, signe
avant même qu'il ne vienne.
Sans comment sans pourquoi pour table l'inclinaison
et sous chaque racine montrer qu'on y est. Cymes
hélices, je suis vos contours réfléchis. C'est un iris
de plus qui tendra son œil (ou le grand paon ses ocelles) incontournable,
ce que sera le mobile. Tandis qu'à la porte
par la porte oblique - est-ce que je rêve ? - j'entends
les Juliennes et la pluie.

Pour un herbier (26)







mercredi 31 mai 2017

Les beaux jours (2017 - 10)


Assise attendre



Assise attendre
que verse à ma dépossession la nuit
ses sons.
Dépossession ou possession de tous mes ratés,
ces vestiges.
Des ruines chantent. Est-ce encore le vent ?
Saurai-je me souvenir ?
Quel fleur s'appuie sur ma peur et
à quelle racine
de quel verbe adventice puiser ?
Des sons. Des sens épars dans la sécheresse, les Hespéris
ramènent doucement des commencements.
Des vagues vivantes reviennent vagues émeuvent encore
le jardin dehors accorde la sensation.