mardi 23 mai 2017

Les beaux jours (2017 - 4)


J'arrive la nuit d'après



J'arrive la nuit d'après
au seuil convoluté qu'il me faut déplier
où la chemise ténue sera mise à sécher car
j'ai couru devant la pluie
la coupe du liseron - qui dit oui aux lèvres - dit aux eaux
l'urgence a confondu d'un coup
mes ligaments articulaires
et réduit ma volubilité
je vêts la robe de la funèbre ou du sphinx pour la nuit

Pour un herbier (17)


dimanche 21 mai 2017

Les beaux jours (2017 - 3)


Pour un herbier ( 16 )


Et brutalement - que le temps est brutal -



Et brutalement - que le temps est brutal -
des roses
- rose voici un lieu  - et des leurres
gros comme un poing
de la clameur et l'allant
des têtes penchées par cent
incurvant tant d'attentes
les questions se défont et les bras tombent
silencieux
c'est assez de vie que je vois
exposée
et stupéfiée
j'arrête et ne regarde pas en aval

samedi 20 mai 2017

Les beaux jours (2017 - 2)



Pour un herbier 15


Sans savoir



Sans savoir
le pas désormais si douloureux
je suis
ici puis là puis
     va savoir
ce pas que je sache et
d'autres qui m'ont 
à gravir la mesure des nuits 
foulée grandes et combien hautes sont les marches
je ne pleure pas je trouve des fleurs
et puis
à la courte-échelle il excelle le rossignol dans le noir

vendredi 19 mai 2017

Les beaux jours (2017 - 1)


Pour un herbier (14)



Quelle racine est ce fleuve

Quelle racine est ce fleuve
qui traverse la ville
un long parti sinueux que je
jouant avec les rives
suis autant que rêve
je rêve le fleuve
un pour deux rives
qui continue derrière
prolongeant ce qui coule
en haut  : nuages et grues
en dessous : fontes racines et des grives
un merle noir réverbère
le lendemain sourd dans l'inversion
de la nuit
la voie de vent converge au coude
avec le cœur
quand le couloir sort de la ville
c'est le jour d'après

jeudi 18 mai 2017

Le fleuve



Le fleuve
je suis dedans et marche à côté
je viens d'où il s'en va
vaquant
la rive invite à voir son double
au loin comme elle paraît rejoindre l'autre
dans un toucher scintillant
la clarté tremblante des pissenlits
et les cillements des grandes-éclaires
je m'incline pour voir ce qui vient
en quel radical sinue cette voie
voire
source s'insinue
dans ma voix

Pour un herbier (13)



mardi 16 mai 2017

Pour un herbier (11)




















Riche est la courbe



Riche est la courbe
colorée qui convie ton visage tenu à la vitre
ici en jaune le colza
acide
contacte la tête fort déjà de l'huile verte le contour
flou irradie

lundi 15 mai 2017

Nous reprenons la route




Nous reprenons la route
le toit rouge pousse contre le ciel
je laisse passer les nuages je laisse les hirondelles
au talus j'ignore comment la chélidoine
peut ouvrir les yeux des oisillons
je vois passer les arbres
chaque arbre appelle le suivant me déroute
pourtant

Pour un herbier (10)


vendredi 12 mai 2017

Pour un herbier (9)


Ogresse plongée dans le champ



Ogresse plongée dans le champ
mes enjambées écument
le fond
toute fleur est une bouche-enfant
corail où nourrir d'amour
bordée de cris
toute fleur est un œil qui hume
l'écart
des sensations
un pré madréporique soutient ma nage



Le pré presse      au présent
je connais la douleur
quand l'herbe grande et grenée
je porte la tête calcaire
en avant des mains
madrées
gravides
pourtant
lui seul me désaltère
reconnaît l'ogre et l'enfant

mercredi 10 mai 2017

Pour un herbier (7)






Le hangar




Le hangar tend sa baie noire au jour
pluvieux noirci qui creuse
l'échelle restreinte et saturée des couleurs
mais la marguerite
ce n'est pas qu'elle suspend
elle tremble le temps concentriquement
autour du disque sessile
or : un paradoxe de splendeur
et d'humilité

mardi 9 mai 2017

Pour un herbier (6)


Je dépends depuis hier




Je dépends depuis hier
de l'astre ligulé haut suspendu
au-dessus de tout
de toutes les herbes solidairement confondues en une
prairie prairie-des-verts
lustre pentu que la capitule bouscule
par son consentement à la lumière

dimanche 7 mai 2017

Pour un herbier (4)


Je suis sous le tilleul



Je suis
sous le tilleul tout l'air
vu le ciel entassé de piécettes
le réticule d'or que la lumière souligne
cette mine replète
mais je suis aussi
marchant
les roses précaires
jetées par-dessus les herbes
les rues chiendents ou népètes
et les vignes
accords drus
où seules elles se jettent
vers l'œil

jeudi 4 mai 2017

Reconnaître (9)



Dans l'âme de la lumière


Dans l'âme de la lumière
noyau ou lame
il y a une danse évidente
incurvée sur
la trame du sol

l'œil halète
où la balle sombre
essaime
les ombres en chute
en silence

mercredi 3 mai 2017

Les beaux jours (2016)






J'apprends à résoudre l'impatience




J'apprends à résoudre l'impatience
en un poème qui
qui quoi que ce soit est algèbre rougie
au feu j'entends l'ennui
chante pourtant le rossignol d'intranquillité
dans l'arbre il montre la nuit
sa trille oblique comme un beaupré
relance ébruite
c'est un cerne qui luit qui
cerne l'ombre du bosquet nègre qui cerne
le pré qui sombre
gorgé de sang
du temps qu'on voit
son chant réjouit la joue

mardi 2 mai 2017

À l'atelier aussi



À l'atelier aussi
attend le jardin
la lumière balbutie
en pluies réitérées
dans le berceau d'alumine
un thyrse de lilas
blanc cassé
balle entre
les miroirs gris

lundi 1 mai 2017

Iris



Iris
six fois repris soit l'œil
de ces limbes 
faces réfléchies ou conniventes
trois par trois
issu des spathes comme de langes
d'une soie
déplie l'espace concis
du périanthe


À l'atelier
les trois miroirs déploient l'âme avide
laiteuse
de la lumière
incurvée dans le temps

l'œil halète

c'est un iris de plus
qui signe l'abîme